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Joy & Jeremiah + Tremé

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Debby McKeith
Debby McKeith
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MessageSujet: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyDim 11 Aoû - 15:50





«Duo & Duel»

«d. joy williams + jeremiah d. olson»


D. Joy Williams avait passé la soirée de l’autre côté du bar, son chapeau sur la tête, à servir ces fameux verres à prix exceptionnels, tout en dodelinant de la tête à chaque chanson, le sourire aux lèvres. Elle avait prévu de monter sur scène à la fin de son service, mais l’arrivée de la police avait légèrement bousculé tous ses plans. Le Blue Note s’était finalement vidé, et elle était restée pour nettoyer le comptoir, la mort dans l’âme.

Jeremiah D. Olson était venu dans l’espoir de passer une bonne soirée, sans trop y croire, traîné par quelques amis. Et peut-être aussi pour se moquer de la country girl, qui lui avait révélé travailler dans ce club. Sa veste oubliée dans le bar, il était retourné à l’intérieur, juste à temps pour croiser un policier saluant la barmaid d’un geste de la tête. «Vous devriez prendre un taxi m’dame, c’est pas prudent de rentrer à pied ce soir.»

(c) Spinelsuns Codes & Joy Williams pour la mise en situation
 
 
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyDim 11 Aoû - 18:32

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    JOY & JEREMIAH

    .ReedNight

    Cela devait faire quinze fois que je passais le chiffon blanc sur le comptoir du bar du Blue Note. Quinze fois que je nettoyais, parce que ce n’était pas assez propre, parce qu’il restait une tâche, parce que je n’avais rien d’autre à faire, et parce que surtout, j’avais besoin de faire quelque chose et d’occuper mes mains pour ne pas penser. Je comptais lentement, dans ma tête, les secondes qui défilaient, et les coups de torchons que je donnais sur le comptoir de bois lustré. Un. Deux. Trois. Quatre. Et ainsi de suite. Le patron du Blue Note était venu poser sa main sur mon épaule, l’air soucieux, en me disant de rentrer chez moi, et qu’il fermait le bar le lendemain, pour laisser à la police le temps de faire son enquête. J’avais hoché la tête, sans y mettre beaucoup de coeur pourtant : j’aurais préféré travailler, pour ne pas penser à ce qu’il s’était passé ce soir.
    Ça avait recommencé. Du moins, la police soupçonnait que ça avait recommencé. Il y avait eu un hurlement, d’après ce que les gens avaient raconté, et puis, un type qui criait qu’il ne trouvait pas sa copine. Les gens s’étaient rués dehors, pour voir. Et puis, la police était arrivée, et tout était parti... en cacahuète. Et moi, j’étais restée là, scotchée, de l’autre côté du bar, à ne pas savoir quoi faire, ou quoi dire. Souvent, je m’étais moquée lorsque mes amis me disaient que rentrer seule, à pied, le soir, la nuit même, ce n’était pas une bonne idée. Parce que le Vieux Carré était un quartier animé à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et que j’avais toujours clamé que je ne risquais rien : si quelqu’un s’approchait de trop près, il me suffirait juste de hurler, et l’affaire serait réglée. Et maintenant... maintenant, je n’avais plus le coeur à me moquer, plus le coeur à plaisanter. A vrai dire, je n’avais plus le coeur à grand chose ce soir.
    Mon visage habituellement souriant, et avenant, était fermé, et j’avais les yeux dans le vague, les yeux triste, les coins de ma bouche qui refusaient de se soulever, malgré toute la bonne volonté que j’y mettais. Mon chapeau gisait sur un coin du comptoir, et j’avais passé mes mèches blondes derrière mes oreilles, dégageant mes oreilles.
J’avais l’air sérieuse. J’avais l’air triste.

    «M’dame, j’peux vous poser quelques questions ?» J’avais tenté de feindre un sourire encourageant, me contentant au final de hocher la tête en battant des cils, alors que l’un des inspecteurs s’installait sur l’un des tabouret de base, face à moi. «Donc, euh, vous êtes ...?» «Williams. Joy, Williams.» Il griffonna quelques mots sur son carnet déjà noirci par tous les «témoignages» qu’il avait dû recueillir depuis le début de la soirée. J’eus de la peine, pour lui : la police de la Nouvelle Orléans n’avait déjà pas une très bonne réputation, mais cette affaire ne les aidait pas vraiment.. «Donc, m’dame Williams, où étiez vous, plus tôt dans la soirée, lorsque les gens ont entendu le cri, et que la jeune femme a disparue ?» Je désigne le bar d’un geste de la main. «J’ai passé la soirée derrière le bar. J’étais la seule barmaid de disponible ce soir, et du coup, j’ai quitté mon poste dix minutes, à 22 heures, pour prendre ma pause, et depuis, je n’ai pas bougé.» Il releva la tête. «Quelqu’un peut confirmer ?» J’ouvris doucement les yeux, ne sachant pas trop comment lui dire ça, sans vouloir paraître grossière : «Et bien... Tous les clients du bar... Et ... Les musiciens... Et toutes les personnes qui sont entrées au Blue Note... Et les caméras de surveillances» dis-je en indiquant du menton l’une d’entre elles, braquées sur le bar. Il suivit mon coup de menton, et ses joues s’empourprèrent légèrement : il me semblait bien jeune, et ne devait sans doute pas être dans la police depuis longtemps. Je me forçais à lui sourire aimablement : je ne voulais pas l’embarrasser. «Est-ce qu’on pourrait avoir une copie des vidéos de surveillance ?» Je jetais un coup d’oeil vers la porte au fond de la salle, qui menait aux vestiaires, et au bureau du patron du bar. «Il faudra que vous demandiez à mon boss, mais je ne pense pas que cela posera le moindre problème. Tout ce qui pourra vous aider dans votre enquête...» Je le vis respirer, et une lueur de fierté passa dans son regard, comme s’il était heureux d’avoir eu une bonne initiative. «Je crois qu’il est dehors en train de parler à votre collègue..» Il hocha la tête en se penchant pour chercher la silhouette de son collègue du regard, et se leva du tabouret, rangeant son carnet dans sa poche, et son stylo avec.
    «Vous devriez prendre un taxi m’dame, c’est pas prudent de rentrer à pied ce soir.» Il me salua d’un geste de la tête, et je lui répondis d’un sourire sans éclat. Il sortit du Blue note, et je me redressais légèrement en croisant le regard de Jeremiah. «Salut..»
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Jeremiah D. Olson
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyLun 12 Aoû - 0:33




Jeremiah & Joy
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Les idées des autres sont plus souvent qu’autrement très mauvaises, même hideuses. C’est d’ailleurs pourquoi je m’affaire toujours à ce qu’on suive ma pensée, mes méthodes. Grand amateur du qui m’aime me suive, j’impose et on dispose, le contraire est rarement vrai. Cette fois, j’avais été embobiné, je m’étais laissé convaincre. Un concert apparemment immanquable, cette étrange envie de voir ce à quoi ressemblait cette Williams de l’Oklahoma derrière le bar, celui là-même où elle m’avait confié travaillé. Un endroit, deux opportunités : d’une pierre deux coups. Mes anciens camarades d’université m’avaient entraîné avec eux. Il est maintenant près de 4 heure du matin, et j’ai la confirmation que les idées des autres ne méritent jamais d’être entendues, encore moins d’être suivies.

La soirée avait pourtant bien commencé, j’étais arrivé avec mes anciens  collègues aujourd’hui tous engagés dans des firmes de renoms, nous étions tombés sur un groupe d’étudiantes, nous leur avions offert quelques verres, elles étaient montées sur la scène, puis nous avions eu droit à une prestation monstrueuse, dans le sens le plus péjoratif du terme. La rousse du lot semblait me faire de l’œil, je l’encourageais en levant mon verre dans sa direction, la gratifiant de quelques clins d’œil lorsque l’occasion se présentait. La bière n’était pas américaine, Joy semblait souffrir un peu derrière le bar. Je passais somme toute une bonne soirée. C’est alors qu’un vrai chanteur était grimpé sur scène et que je chuchotais à l’oreille de la grande rousse qui peinait à tenir sur ses deux jambes que le cri avait retentit. Sans que je n’ai réellement le temps de réagir ou bien de comprendre, la musique avait été coupée, une panique tranquille avait pris d’assaut l’assemblée, certains de mes collègues avaient fuis par la porte de derrière, et allez trop savoir comment, je m’étais (une fois de plus) retrouvé encadré par deux agents du NOPD.

« Tu commences à avoir une sale réputation chez nous l’petit » Un sourire douceâtre fait son apparition entre les traits de mon visage avant que j'étouffe un bâillement du revers de la main. « Vous savez… » J’hausse les épaules tout en passant une main entre les mèches rebelles de mes cheveux « J’ai une salle réputation un peu partout… » Je fais mine de réfléchir en plissant un brin les paupières « Vous avez lu le cahier du ShowBiz du journal de ce matin? » Ma langue claque contre mon palais alors que je me penche un brin vers l’avant en frottant mes deux paumes  l’une contre l’autre « Vous auriez dû, c’était excellent » On m’y accuse d’avoir défloré une jeune fille de mcdonogh 35 high school : un petit bijou d’article. « Debby Mckeith à une plume de qualité… » Je lui enfoncerais bien son stylo à plume doré entre les deux yeux. « Monsieur Olson…Est-ce que vous avez vu ou entendu quelque chose qui pourrait nous aider…où étiez-vous….et…. » Le policier fronce les sourcils dans un effort de synthèse d’une intensité totale. Je souris narquoisement en me penchant vers lui, déposant deux doigts contre son écusson « Non monsieur. J’ai entendu un cri, enfin je crois, puis c’est tout. J’étais en compagnie de ces trois gaillards là » Mon menton se pointe en direction de mes trois amis qui étaient à présent assis côte à côte contre le trottoir à quelques mètres de moi « et de ces très charmantes jeunes femmes » Je pointe maintenant le bout de mon coude vers la gauche ou quatre jeunes filles dans le début de la vingtaine tanguent dangereusement sur leurs talons hauts en face d’une policière désespérée. « En plein centre du Club avec au moins une cinquante de témoins pour corroborer…Puis-je disposé, je vous en prie maintenant » Mon ton était à présent cassant, la fatigue commençait à me gagner, et je n’avais qu’une seule envie : foutre le camp de cet endroit de damnés. « Oui…Vous pouvez aller…récupérer vos affaires si vous en aviez…faites vite » Je soupire et ne me fais pas prier pour débarrasser le plancher. Je passe la porte d’entrée gardée par deux agents en service et me retrouve à l’intérieur du bar qui fait presque pitié ainsi délaissé. Je cherche des yeux la table à laquelle j’étais installée avant qu’une pauvre disparue ne vienne perturber ma soirée. C’est d’abord un grand colosse que mon regard croise «Vous devriez prendre un taxi m’dame, c’est pas prudent de rentrer à pied ce soir.» Je suis son regard et tombe sur Joy. J’avais presque oublié (je ne tenais pas tant à cette veste oubliée). Je suis le flic des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse. Je tourne ensuite la tête en direction de la blonde, la cowgirl. «Salut..» Je lève la main en sa direction en guise de salutation, puis déniche ma veste pliée contre le dossier d’une chaise, je m’en empare, l’enfile « Il a raison tu sais » Je fais un pas en direction de la jeune femme, lui effleure le bras du bout des doigts « Puis, ne le prends pas mal, mais tu as une sale mine » Son visage rond habituellement constamment ceint d’un sourire presque irréaliste était à présent fermé, inexpressif.

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyLun 12 Aoû - 1:15

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    .ReedNight

    Dépitée, renfrognée, fermée, ma mine n’était pas très encourageante, et vu le regard que me lança Jeremiah lorsqu’il posa les yeux sur moi, ça ne devait pas m’aller. Il y a des filles comme ça, à qui faire la gueule va bien (les mauvaises langues vous parlerons de Kristen Stewart), et puis il y a les autres filles, qu’on est habituées à voir sourire tout le temps (moi, dans cette équation-ci), et ça fait un choc, quand ces filles là cessent de sourire. Je saluais pourtant le jeune homme, d’une voix assez faible, ne m’étant pas attendu à le voir ici (du moins, pas à ce qu’il revienne, car je l’avais déjà vu, au loin, perdu dans la foule, quand il était venu chercher des verres pour les dindes à longues pattes qu’il abreuvait de cocktails ce soir -en même temps, il valait mieux qu’il me laisse les faire, vu ce que le sien avait donné l’autre soir..-). Il leva la main, rapidement, et je retournais à mes affaires, c’est à dire nettoyer le comptoir, déjà brillant comme un sous neuf, enlever des tâches imaginaires, et faire passer le temps. Un temps qui passait beaucoup, beaucoup trop lentement à mon goût : c’était comme s’il s’était glacé, statufié, et que les secondes s’écoulaient avec lenteur, comme un documentaire animalier sur les coccinelles qui se nourrissent avec des gouttes d’eau qui perlent des feuilles, comme un gros plan sur lesdites gouttes d’eau qui coulent, lentement. «Il a raison tu sais» Je relevais les yeux, pour croiser de nouveau le regard du jeune homme, plus proche que tout à l’heure.
    La caresse de ses doigts sur mon bras nu me fait frissonner (réaction en chaîne tout ce qu’il y a de plus naturel) et me hérisse le poil, et je me redresse légèrement. «Puis, ne le prends pas mal, mais tu as une sale mine» Je lui lance un regard inexpressif, me souvenant à quel point Luke avait pu être effrayé le jour où il m’avait vu avec ce regard -il y a bien des années-, et me contente de reculer mon bras, et de reculer moi même d’un pas, tordant le chiffon entre mes mains. «Tu veux bien m’accorder 24heures de répit, s’il te plaît ? J’ai pas vraiment la tête à ça pour le moment.» Pas maintenant... Pas là... pas encore... Il ne pouvait pas me laisser en paix, juste... Quelques minutes ? Mon ton est froid, mais sans être méchant, ou cassant. Il est juste... neutre. Froid. Dénué de sentiments. Je me détourne, et entreprends de nettoyer des verres déjà propres. De ranger les bouteilles déjà parfaitement alignées, trois fois, sous le comptoir. «Et une autre fille a disparu, alors, je pense que c’est normal que j’ai une sale mine.» Je range les verres sous le comptoir de bois. J’ai les mains qui tremblent. Je me dis... Je me dis que si j’avais fini plus tôt ce soir, ça aurait pu être moi. Je me dis qu’il y avait mes amies ici ce soir, et que ça aurait pu être elle. Je me dis que si ça se trouve, je la connaissais, cette jeune femme, et que je ne l’ai pas encore réalisé. Je me dis que ça aurait pu être moi, à quelques minutes près, moi si je fumais et que j’étais sortie pour me griller une clope. Moi un autre soir. Moi un prochain soir. Pensée égoïste, et je m’en veux, pour ça.

    «Shit !» Le bruit qu’à faire le verre en venant s’écraser à mes pieds m’a fait sursauter, quand bien même il s’était échappé de mes mains. Je passe une main tremblante sur mon front, dans les cheveux, et alors que j’inspire calmement pour calmer les tremblements de ma main, et de mon autre main, ma respiration se fait plus ardue, et je sens la petite boule d’angoisse coincée dans ma gorge qui commence à grossir, doucement. Je me giflerai ! Il était... hors de question, juste hors de question que je craque.
    Je plonge la tête sous le bar pour ramasser les morceaux, et masquer mes yeux vitreux. Sans pelle ni balayette sous la main, je ramasse avec précaution les morceaux de verre brisé, tâchant de ne pas les écraser, les éparpiller, ni d’ailleurs de me les enfoncer dans la main. Ils retombent en pluie brillante dans la poubelle, et je passe mes mains sous l’eau. Un mince filet de sang (blessure de guerre) se mêle à l’eau durant quelques secondes, et je finis par essuyer mes mains sur le chiffon blanc (qui décidément avait bien servi ce soir). «Tu n’as pas une autre soirée où aller ? Des filles à raccompagner, ou ramener chez toi ?» Même mon ironie habituelle a quitté ma voix, et je ferme la bouche : même à mes oreilles, les mots sonnent... mal. Comme prononcés par quelqu’un d’autre. Je laisse échapper un soupir, appuie sur mon front à l’aide de mon poignet, les yeux fermés. «Désolée...» Ce n’est pas juste, pas fair, de lui infliger mon humeur si... inhabituelle : après tout, ce n’est pas sa faute, il n’a rien demandé à personne. Et moi, je suis polie, on m’a appris à m’excuser.
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Jeremiah D. Olson
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyMar 13 Aoû - 0:11




Jeremiah & Joy
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L’ambiance des salons funéraires n’a rien à envier à celle qui sévit présentement entre les quatre murs du Blue Note. Ce visage encadré de boucles blondes habituellement si jovial me reflète un désespoir probant qui m’arrache un élan de demi-compassion. Je frôle son bras de mes doigts : contact humain, à ce qu’on raconte c’est ce que font les êtres non supérieurs afin de donner un brin de réconfort à leurs prochains. Je lui souris, lui souligne que les zombies de breaking bad ont meilleure mine qu’elle, son regard vitreux se lève vers moi, elle se recule derrière son bar, je me recule aussi, comme piqué au vif. Quelque part, je déteste qu'elle me déteste: je la déteste de me détester. Je dépose les paumes de mes mains contre le comptoir, fait des cercles du bout de mes ongles contre le bar. «Tu veux bien m’accorder 24heures de répit, s’il te plaît ? J’ai pas vraiment la tête à ça pour le moment.» Je me racle la gorge, soupire, « heum…oui…bien sur…» J’arque un sourcil dans la direction de la barmaid, m’excusant lamentablement. Elle était chamboulée : réaction normale après tout pour une personne qui semble se soucier de tout le monde. Elle se détourne, je pense à m’en aller, après tout, j’avais ma veste... Mais ô grand mystère divin... je reste...je reste parce que je ne veux pas partir. Je reste, l’observant froisser son chiffon, bouger ses bouteilles dans tous les sens…Sa voix finit par s’élever à nouveau, presque cassante. «Et une autre fille a disparu, alors, je pense que c’est normal que j’ai une sale mine.» Je fais la moue…Fais aller mon poids d’une jambe à l’autre avant de me hisser sur l’un des bancs faisant face au comptoir. Je jette un coup d’œil derrière mon épaule, presque inquiet à l’idée de voir un autre agent se diriger vers me personne. « …ça va aller… » Une question, une affirmation, allez savoir. Les sous-verres écopent, ses mains semblent incontrôlables…Je serre la mâchoire, songe à cette sale histoire, cette tragédie, on se croirait dans un mauvais Sherlock Holmes. Je n’ose rien ajouter, mais n’ose pas non plus quitter l’endroit. Il faut bien avouer que l’idée de la savoir se promener seule dans les rues de la Nouvelle-Orléans ne me plait pas réellement…  « Ça commence à…faire…cette histoire…j’ai bien hâte qu’il mette la main sur cet…ce…fou »…Je me tais, me mordille la lèvre inférieur, me sentant soudainement bien idiot, incapable de trouver les mots. Un crétin, un être répugnant, abjecte, tant de termes qui me viennent en tête à l’énonciation de ces étranges disparations qui font rage depuis beaucoup trop longtemps déjà.

L’image de la crapule inconnue, mais bien imaginée croupissant honteusement au fond de l’une des cellules de Guantanamo s’estompe pour n’être qu’un vague souvenir alors que la voix de la jeune cowgirl me sort de ma rêverie éveillée «Shit !». Je secoue la tête pour me donner une certaine contenance, la fatigue commençant à me gagner, puis je m’étire le cou afin d’apercevoir les vestiges d’un verre contre le carrelage aux pieds de la blonde de nous deux. Elle tremble. Je fronce les sourcils, jette un coup d’œil par-dessus mon épaule, comme à la recherche de soutient. Elle disparaît devant moi et je n’entends bientôt plus que les cliquetis des morceaux de verres qui sont malmenés. Un balaie, ça existe. C’est moins dangereux…Je jette un regard circulaire à l’endroit : il n’y a pas des gens qui sont payés pour ça?  «Tu n’as pas une autre soirée où aller ? Des filles à raccompagner, ou ramener chez toi ?» Je soupire, puis je me lève, contourne le bar, passe derrière elle alors qu’elle passe sa main sous l’eau. Je me saisis de sa main, effectue une légère pression contre sa paume, m'assure qu'elle ne va pas se vider de son sang. « hey…. » Son parfum m’englobe, m’enivre momentanément : réaction purement chimique, biologique. Mes yeux croisent les siens, j’appuis contre ses doigts, un filet de sang s’était mêlé au carnage. « ça va aller » J’avais pris soin de détacher chaque syllabe, mon regard plongé directement dans le sien. Un sourire taquin naît à la commissure de mes lèvres « et malheureusement, je crois qu’elles ont été embarquées…les filles » Un clin d’œil ponctue ma remarque « Et il est près de quatre heures du matin…C’est le temps d’avaler un petit déjeuné, et non de se déhancher… » Elle s’écarte, appuis son front contre l’une de ses mains  «Désolée...» J’hausse les épaules, apparemment désinvolte. « Ce n’est pas grave…je serais d’une humeur de merde moi aussi…à travailler dans un endroit pareil » J’avais arqué un sourcil presque dégouté en désignant les lieux d’un vague geste de la main. « Allez…je crois que tu as terminé ici… » Je pause ma main contre son dos, la pousse hors du bar « Je te ramène ». No concession. « Ma voiture n’est pas très loin ».

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyMar 13 Aoû - 9:53

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    Finalement, peut-être bien que Jeremiah a raison, et que ce soucier des autres, c’est une faiblesse, une sale faiblesse. Ma faiblesse. Que j’arbore fièrement, i have always worn my flaws upon my sleeve, pourtant, la plupart du temps. C’est bien l’une des premières fois où je m’en veux d’être si... empathique. Et où j’aimerai me moquer de tout et de tout le monde, pour ne rien ressentir. «heum... oui... bien sur...» J’en arrive même à m’en vouloir de lui avoir parlé sur ce ton. Je me dis... Qu’il vaudrait mieux qu’il parte, là tout de suite sur le champ, avant que je ne crache mon venin trop longuement ravalé. Que je ne m’en prenne à lui, alors qu’au fond, il n’a rien fait (il a même étrangement semblé vouloir se montrer... conciliant). Je me détourne, en songeant que je l’envie, de se foutre de tout et de tout le monde. Parfois, je voudrais ne rien ressentir.
    «... ça va aller...» Je lève les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’il en sait, hein ? Rien du tout. Personne n’en sait rien. Sinon, ce serait réglé depuis longtemps. Si ça se trouve, ce malade va recommencer dans trois semaines, et ce sera mon tour : blonde, jeune, avec la force d’un hamster, une cible idéale. «Ça commence à...faire...cette histoire... j’ai bien hâte qu’il mette la main sur cet...ce... fou» Je ravale mes mots, me contentant d’un soupir. Moi aussi, j’ai hâte. Que l’ambiance électrique (dans le mauvais sens du terme) de la Nouvelle Orléans retombe, et que je puisse rentrer chez moi tranquillement le soir, sans que Timeo ou Shea ne me hurlent dessus le lendemain en me demandant pourquoi je ne les ai pas appelé (parce que je suis une grande fille et que je n’ai pas besoin de baby sitter, god dammit !).
    J’en brise un verre, d’ailleurs. C’est à croire que toute cette histoire est en train d’avoir raison de ma raison. Je baisse les yeux vers mes mains, tremblantes, et mon regard dévie sur les éclats de verre brisés. J’ai presque envie de pleurer, devant les éclats de verre sur le sol. Je soupire, me baisse, pour ramasser les éclats à main nue (telle une guerrière). Je sens le corps de Jeremiah qui effleure doucement le mien alors qu’il se meut derrière moi, juste avant de m’attraper doucement la main. Je le laisse faire. Je n’sais pas pourquoi je le laisse faire. Sans doute parce que je n’ai pas la force de le repousser, bien que j’en ai envie, envie d’arracher ma main et de croiser les bras sur ma poitrine, sourcils froncés, moue boudeuse sur le visage : je suis une cowgirl, pas une poupée de porcelaine ! Mais à la place, non, je me contente de lever doucement mes yeux tristes vers le visage du jeune homme, constatant qu’il me regarde déjà. «Hey... ça-va-a-ller» Pas pour elle, ai-je envie de lui répondre, mais je ne me sens pas la force de bouger mes lèvres : je sens la boule dans ma gorge qui grossit, et je déglutis difficilement : ça me fait presque mal. «Et malheureusement, je crois qu’elles ont été embarquées...les filles» Je laisse échapper un mince sourire, et retire ma main de la sienne. «C’est ça d’avoir de fausses cartes d’identité pour boire dans les bars...» Il parait qu’il les aime jeunes (du moins c’est ce que racontais le magazine que lisait Samantha l’autre matin, et qu’elle m’avait montré en se moquant allègrement de la journaliste qui avait pondu «pareille connerie»). «Et il est près de quatre heures du matin... C’est le temps d’avaler un petit déjeuné, et non de se déhancher..» Comment il peut penser à manger dans un moment pareil ? Je sens une poussée de colère couler dans mes veines, et puis, ça me frappe, et mes épaules retombent. Il est... en train d’essayer de me remonter le moral ?

    Je m’excuse. Je m’en veux, oui : décidément, cette soirée aura tout vu (et si j’savais qu’elle ne faisait que commencer). «Ce n’est pas grave.. Je serais d’une humeur de merde moi aussi... à travailler dans un endroit pareil» Je jette un coup d’oeil au Blue Note, qui semble bien triste ainsi laissé à l’abandon. Et pourtant, ça lui confère un certain charme un brin... mystique. «C’est pas si mal...» J’avais vu pire. «La plupart des clients sont gentils !» tentais-je même de plaisanter (sans trop de succès, vous vous en doutez). «Allez...je crois que tu as terminé ici...» J’ouvre la bouche, pour protester (est-ce qu’il a vu les tables non nettoyées, et les chaises éparpillées dans le bar ? Ce n’est pas parce que mon patron m’a dit de rentrer qu’il n’y a plus rien à faire. Et je veux protester, vraiment. Mais juste une seconde. Parce qu’à vrai dire... Je n’ai pas vraiment envie de rester ici. Pas ... face à cette désolation qui semble même frapper les murs. «Je te ramène» Je tourne la tête, alors qu’il me pousse vers l’avant, pour me faire sortir de l’établissement. «T’as pas besoin de faire ça..» J’pouvais rentrer seule, j’pouvais... chercher un ami dans la petite foule encore présente devant le Blue Note, répondant aux dernières questions des policiers, qui ne tarderaient sans doute pas à plier bagage. «Ma voiture n’est pas très loin» Je ralentis, et je le sens me cogner. Au moins, il s’est arrêté. «... J’préfère marcher...»
    Et sans attendre sa réponse, je pivote sur moi-même, et m’engage dans la rue adjacente, pour rentrer. La vérité, c’est que je n’ai pas envie de m’enfermer dans une boîte métallique, entre quatre planches d’acier, aussi confortable sa voiture puisse-t-elle être (très, d’après ce que m’a confié -malgré moi- Samantha). J’ai toujours... cette boule d’angoisse, dans la gorge, et je sais que je risquerai de me mettre à suffoquer, si j’en venais à monter avec lui.
    Je lève doucement les yeux vers le ciel à peine étoilé, les yeux toujours humides, et laisse échapper un soupir difficile, comme pour tenter de combattre mes larmes qui montent doucement. Le cri, que je n’avais pourtant pas entendu, résonne dans mes oreilles, emprunté à tous ces films d’horreur que Luke m’a forcé à voir avec lui, et il me semble si réel, il sonne tellement vrai à mes oreilles, que s’en devient déroutant.
    Instinctivement,je me tourne, pour jeter un coup d’oeil en arrière et, je l’avoue, je me sens un peu... soulagée, peut-être, de voir Jeremiah. Peut-être même... rassurée. Presque contente. Appréciative. «T’étais pas obligé...» Mais merci, semble ajouter mon regard. Ouais. Merci.
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Jeremiah D. Olson
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyJeu 15 Aoû - 20:14




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C’est presque dommage, elle retire sa main de contre la mienne :  ce n’était pas si désagréable. Mon humour relatif avait tout de même réussit à lui arracher un bref sourire (à moins que ce ne soit ma simple présence qui ait pareil effet). Ses yeux me semblent toujours plongés dans une profonde tristesse, mais je crois toutefois être parvenu à écarter la possibilité de suicide le temps d’un instant. « C’est ça d’avoir de fausses cartes d’identité pour boire dans les bars...» J’hausse les épaules et esquisse une moue dramatique « …la réalité du 21e siècle » Ou bien celle du journal local. Je ponctue ma phrase d’un clin d’œil, avant d’annoncer qu’à pareille heure, il serait plutôt temps de songer à avaler un petit déjeuné qu'à draguer dans les clubs. Mon affirmation n’est pas exactement une offre, mais ce n'en est pas pas exactement une non plus…Toute cette histoire m'a creusé l'appétit.

Toujours derrière le bar, en sa compagnie, je me vois offrir des excuses : une première de la part de la jeune Cowgirl de l’Oklahoma. Je lui pardonne, apparemment charitable (je vais probablement regretter très rapidement ce pardon rapide si on en juge notre historique) Nerveux, je fixe la porte d’entrée, emmerdé par la présence des policiers. Qui plus est, cet endroit est déprimant, y travailler suffirait à me mettre de mauvaise humeur pour une demi-centaine d’années au moins. «C’est pas si mal…La plupart des clients sont gentils !» J’arque un sourcil, la dévisage « C’est ça ». À d’autres. Up, j’ai ma veste, j’en ai marre, je la pousse vers l’avant histoire qu’elle quitte l’arrière de ce bar, endroit réservé au bas peuple, j'aimerais le souligner…Ce bar est déclaré hors d’usage pour la soirée par mes propres soins, et ce que Jeremiah Dimitri Olson décide fait force de loi, point barre. J'allais la ramener, car tel que souligné par l’odieux agent de la paix de tout à l’heure, le coin n’est pas exactement sécuritaire. «T’as pas besoin de faire ça..» J’hausse les épaules en tirant sur les deux pans de ma veste afin de la réajusté. « Je le sais bien » Je n’ai jamais besoin de faire quoi que ce soit, je le rappelle.

Nous arrivons à l’extérieur, je dévisage les derniers policiers sur les lieux, pendant ce temps, elle, elle  s’arrête sans m’aviser, je la heurte, je soupire. «... J’préfère marcher...» Je jette un coup d’œil sur la droite où on pouvait apercevoir les contours parfaits du dernier modèle de l’année, honnêtement, je suis épuisé à la seule idée de laisser mes pieds me porter encore un moment. Sans attendre que je ne me manifeste, la jeune femme traverse la rue et se met en route. Je grommelle un brin  avant de lui emboîter le pas en silence. Je la rejoins en quelques enjambées, puis la suis quelques secondes toujours en silence. Elle se retourne, m’aperçoit «T’étais pas obligé...» Je souris moqueusement en joignant mon pas au sien, à ses côtés, « Tu te répètes Williams » Je jette un coup d’œil au ciel dans lequel perce quelques étoiles courageuses « Puis j’avais envie de me dégourdir les jambes » Honteux mensonge. J’enfouis mes mains dans les poches de mon jeans, et la suis parmi les rue du quartier français.

***

Trente minutes, trois quarts d’heure, une heure…Deux heures? Allez savoir exactement le temps qui s’est écoulé depuis que nous avons quitté le Blue Note. Depuis un moment déjà le décor avait changé, d’abord plus sobre, puis ensuite de moins en moins salubre, de plus en plus rustique, de moins en moins accueillant. Je ne peux m’empêcher de jeter des coups d’œil vers les vitrines des commerces barrées par des grilles de fer, vers les sacs à ordures jetés à même les trottoirs.  J’évite de justesse d’enfouir mon pieds dans un nid de poule en sautant vers la droite « Bon sens… » Le regard que me jette alors la jeune cowgirl est lourd de sous-entendus, je serre la mâchoire, ce quartier est tout simplement minable, mal famé. Je reconnais finalement l’immeuble devant lequel s’était arrêté le taxi l’autre soir…Au souvenir de cette soirée, un mince sourire naît à la commissure de mes lèvres.

Elle passe la porte d’entrée, je la suis, elle ne proteste pas. Elle choisit ensuite la cage d’escaliers plutôt que l’ascenseur « C’est la nouvelle diète à la mode, trois feuilles de salade, aucun engin de locomotion et un verre de jus de canneberges avant d’aller au lit? » Je grimpe à sa suite, et je ne saurais dire combien d’étages nous montons exactement, mais nous en montons plusieurs. Nous finissons par aboutir dans un couloir étroit, très peu éclairé « C’est…sympa…La décoration est intéressante » Je fais claquer ma langue contre mon palais en baissant les yeux vers la blonde qui s’arrête devant l’une des portes (toutes identiques). Je prends appuis contre le mur, croise les bras contre mon torse en l’observant déverrouiller.

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyJeu 15 Aoû - 21:31

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    «C’est ça.» «A part toi.» répondis-je du tac au tac. Ça m’arracha même un sourire douloureux, et je le laissais me traîner (ou plutôt me pousser, puisqu’il était toujours derrière moi) hors du bar. Il a gagné ce round, mais pas la guerre, ça non ! ... Et cependant, quand bien même suis-je encore en état de choc (et pas uniquement à cause de cette pauvre fille qui a disparue slash a été enlevée slash victime du psychopathe qui sévit à la Nouvelle Orléans... Il faut dire que l’attitude de Jeremiah a de quoi donner le tournis : on accuse souvent les filles, mais ceux qui disent cela n’ont clairement jamais rencontré le jeune homme et... cette... détestation et à la fois appréciation qu’il dégage), quand bien même -donc, reprenons- suis-je encore sous le choc, je ne peux m’empêcher de le remercier de ce qu’il fait... mots déguisés sous la forme d’un «tu n’as pas besoin de faire ça» : après tout, c’est vrai : il pourrait me balancer dans un taxi, ou bien demander à quelqu’un de me raccompagner, ou bien tourner les talons et me laisser me débrouiller seule (ce qui correspondrait plus à la première image qu’il dégage : un type narcissique et nombriliste qui ne pense qu’à lui) : à la place de ça... il est là. Derrière moi, sur mes talons, à me suivre, même si je ne veux pas monter en voiture mais marcher, même s’il y a encore quelques jours, ou quelques semaines, plutôt, de cela, nous en étions encore au stade du : tu m’agaces crétin, dégage de là, va récurer les sabots de ton cheval, et écarte toi de mon chemin ! Le souvenir de cette après-midi au centre me revient alors que je me tourne pour le chercher des yeux, et son image, appuyée contre la barrière, à me regarder, certain que j’allais tomber de cheval, me revient. Ça me semble... à des années lumières. Étais-ce réellement le mois dernier ?
    «Tu te répètes Williams» Je lève les yeux au ciel, ce ciel sombre, orageux. «Puis j’avais envie de me dégourdir les jambes» Il ment. Cette constatation m’arrache un haussement de sourcil, et je tourne vivement la tête, comme coupable d’avoir perçu son mensonge aussi... aisément. Une légère pointe, dans sa voix, de ces détails que l’on ne perçoit qu’à force de côtoyer des individus pendant des années. J’avais toujours perçu ces détails, du moins, je les percevais la plupart du temps. Juste... une intonation un brin différente. Je le remerciais d’un regard doux, appréciatrice, silencieuse appréciatrice. Ton secret est en sûreté avec moi, va. Jeremiah Dimitri Olson a un coeur. Un coeur qui bat, et un coeur capable de ressentir des émotions. C’est cette journaliste dont le nom m’échappe qui en ferait ses choux gras (et Samantha son sujet de conversation favori pour les trois prochaines semaines à venir).

    Nous marchons, silencieux, comme l’autre soir, dans les rues de la Nouvelle Orléans. Pas vraiment côtes à côtes, plus l’un derrière l’autre, nos épaules se frôlant doucement parfois, lorsque l’un dépasse l’autre. Je mène la danse, la plupart du temps, après tout, c’est vers mon appartement que nous nous dirigeons. Le temps me semble... à la fois très long, et trop peu long. Les rues changent trop rapidement à mon goût, et pourtant il me semble qu’autour de nous tout est figé. Il me semble que nous sommes seuls au monde dans les rues de la Nouvelle Orléans, et c’est un sentiment de calme qui apaise doucement les battements de mon coeur : des bruits familiers, le bruit de mes pas sur le pavé, des siens également, le bruit du froissement de nos vêtement, du vent sur mes bras nus, du débardeur noir que je porte frottant contre la boucle de la ceinture de mon short, cet ancien jean qui en a vu du pays (il a voyagé de l’Oklahoma vers la Louisiane, ça c’est du voyage de toute une vie..). Je tiens mon chapeau à la main, il pend lamentablement à mes côtés (au moins j’avais songé à le récupérer), et mes bottes claquent contre le pavé.
    Les rues changent, les rues se dégradent, les immeubles se font plus récent, mais également plus sales, les murs se remplissent de graffitis, les trottoirs se font plus étroits, et plus sales, les ordures plus présentes, les routes plus délabrées, comme si l’État n’avait plus assez d’argent pour garantir un niveau de vie minimal correct une fois la frontière du quartier passé. Ici, les prix des logements dégringolent, quelques centaines de dollars pour quelques mètres carrés mal-propre. Je serre les dents, le coeur qui bat de colère à l’idée que des familles entières se tassent dans des appartements minuscules, parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Ça me donne envie de vomir. J’évite une flaque d’eau (ou une flaque d’ordure ?), et la voix de Jeremiah résonne dans mon dos : «Bon sang....» Je me tourne vers lui, et lui lance un regard mi-accusateur, mi-désolé. Ouais, il n’est pas vraiment dans son élément dans les parages...

    Je pousse la porte de l’immeuble, lourde porte en bois plutôt propre, contrairement à d’autres, après avoir tapé le code que j’ai mis plus de deux semaines à retenir, et invite Jeremiah à entrer d’un geste de la tête. Je me dirige, d’un pas naturel vers les escaliers. «C’est la nouvelle diète à la mode, trois feuilles de salade, aucun engin de locomotion et un verre de jus de canneberges avant d’aller au lit ?» Je me tourne vers lui tout en montant les escaliers (ouais je suis trop forte, j’arrive à les monter à l’envers) : «Il y a une chance sur deux que l’ascenseur ne démarre pas, et s’il démarre, une chance sur trois qu’il reste bloqué entre deux étages. Il fait un bruit monstre, et la famille Ramirez habite au premier étage, ils ont deux petits garçons de sept et cinq ans, et des jumelles de dix mois...» Je désigne la porte d’un geste de menton, alors que nous passons au premier étage. «Et puis, il y a Madame Wilkinson, elle a soixante-dix huit ans, elle habite juste en face de la cage d’escalier du deuxième étage : c’est une vieille dame adorable qui achète toujours un paquet de bonbon au supermarché pour en distribuer aux enfants, et qui passe ses journées au parc à nourrir les pigeons. Elle se lève à huit heures trente tous les matins.» Pas à quatre heures trente. Je me retourne (afin de monter les escaliers dans le bon sens, tout de même, arrivé au troisième étage -mon étage- ça pourrait éventuellement être une idée) : «Et j’avais pris un pavé de rumsteack.» C’était Samantha, la salade.
    «C’est...sympa...la décoration est intéressante» Je lève les yeux au ciel, glisse mes clefs dans la serrure, celle du haut également, et pousse la porte, en allumant la lumière. «Make yourself at home !»
    L’appartement n’était pas très grand, mais il était propre, et clair. Un petit salon qui menait directement sur une cuisine américaine, une chambre dans le fond, qui communiquait avec la salle de bain. Le tout était aménagé avec goût (puisque c’était l’appartement de Luke), dans un style à la fois country (ça c’était ma touche personnelle, la guitare posée dans un coin, et le banjo au dessus d’une télévision que je ne regardais jamais), et qui démontrait les goûts de Luke (je n’parle pas ici de son orientation sexuelle voyons !). De bons goûts. Je n’avais pas changé grand chose depuis que je m’y étais installée, ne trouvant pas la force d’altérer ce dernier souvenir de lui. Et il y avait des photos. Des photos un peu partout, de ci de là, posée sur des meubles, et surtout, un grand mur dans la chambre, couvert de photos. De lui et moi, de moi (j’avais d’ailleurs été étonnée, et touchée -j’avais longuement pleuré le premier soir-) qu’il ai autant de photos de moi : Mes championnats de rodéo. Ma première fois sur Oscar. La photo de ma remise de diplôme que je lui avais envoyé, comme preuve que j’avais réussi. Des photos de moi dans mon uniforme de serveuse, quelques photos volées, assise sur une barrière, m’entraînant avec un lasso. Des photos de sa vie à la Nouvelle Orléans, dont je pouvais retracer l’itinéraire rien qu’en les regardant. Des photos de Tim, aussi, et d’Anaëlle.
    Je n’avais pas eu le courage de modifier ce mur, d’y apporter mes propres photos, quand bien même je savais que c’était ce qu’il aurait voulu : j’étais une hôte, ici, je n’arrivais pas à me faire à l’idée que j’étais... chez moi.

    Je refermais la porte derrière le jeune homme une fois qu’il fut entré. «C’est pas le Ritz mais...» Je laissais échapper un maigre sourire. «Y’a pas grand monde qui est venu dans mon appartement !» Il pouvait se sentir honoré, si, si, je vous l’jure ! Je déposais mon chapeau sur le rebord du canapé, et m’étirais comme un chat, avant de passer une main sur mon visage. «J’ai besoin d’une douche.» Et sans un mot de plus, je le plantais là, au milieu du salon.

    Dix minutes plus tard, je sortis de la salle de bain, ayant évité de justesse l’étape : bonjour je sors enroulée dans une serviette éponge, m’essuyant les cheveux à l’aide d’une serviette, enveloppée dans un t-shirt deux fois trop grand (ayant appartenu à Luke, à l’effigie des Thunders), et coulée dans un short en coton, qui me servait de pyjama. Je souris à Jeremiah, assis sur le canapé : il semblait... aussi à l’aise d’une grenouille dans un costume trois pièces ! Mais sa présence avait quelque chose... de rassurant.
    Un bruit, à la fenêtre, attira mon attention, et je jetais un coup d’oeil. «Ah merde...» Le ciel orageux n’était plus seulement un ciel : les nuages avaient crevé, déversant la pluie contenue. «Bon... Je crois que tu vas passer la nuit ici...» Je levais les yeux vers l’horloge de la cuisine. «Enfin, c’qu’il en reste...» Je n’allais pas le renvoyer chez lui sous cette pluie, j’avais un minimum d’éducation ! «T’as faim ?»
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyJeu 15 Aoû - 22:44




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La plupart des clients sympathiques, dans un bar, la blague de l’année. C’est ça, à d’autres, merci. « A part toi. » Elle l’avait dit du tact ou tact, et je réplique de façon identique « La faute de la barmaid ». Elle est poussée vers l’extérieur, se voit offrir une balade dans une jaguar flambant neuve, mais refuse. Je suis ainsi contraint de marcher (question…d’honneur dirons-nous pour le besoin de la cause). Je vois la ville, je vois du pays, à ce qu’on raconte, c’est la meilleure façon de découvrir une ville… que de la visiter à pieds : vingt-trois ans que j’habitais la Nouvelle-Orléans, et jamais je ne l’avais fait. J’avais même appris à me sentir en sécurité derrière les vitres fumées de mes voitures, caché derrière des remparts d’acier, une barrière entre le monde et moi. Je me sens un peu comme le jour où Dimitri a retiré les petites roues derrière mon vélo : tendu vers l’inconnu.

Je cherche presque inconsciemment la sécurité, les vigiles, à l’entrée de l’immeuble, mais une petite voix me ramène à la réalité « pauvre idiot regarde un peu autour de toi ». Je regarde, je vois un immeuble probablement construit au court des vingt derrières années, habité par des centaines de gens, probablement trop de gens. Un loyer moindre contre un entretient équivalent, la loi de la jungle. Nous pénétrons dans la cage d’escalier, je propose qu’elle surveille sa ligne, elle se retourne vers moi, tout en continuant d’escalader les marches une à une, ce qui éveille mon attention d’un degré, elle pourrait bien se tuer. «Il y a une chance sur deux que l’ascenseur ne démarre pas, et s’il démarre, une chance sur trois qu’il reste bloqué entre deux étages. » J’arque un sourcil, fait la moue « Cet endroit est charmant… » Elle continue comme si elle ne m’avait pas entendu «  Il fait un bruit monstre, et la famille Ramirez habite au premier étage, ils ont deux petits garçons de sept et cinq ans, et des jumelles de dix mois...» Je suis son geste jusqu’à la porte de l’étage auquel nous venions d’arriver « Je songerais à saluer les Ramirez à ma descente » Je souris amusé par elle et son éternel soucis d’autrui. Ça serait presque attendrissant, presque.  « Et puis, il y a Madame Wilkinson, elle a soixante-dix-huit ans » Déjà à l’état de la momification donc «  elle habite juste en face de la cage d’escalier du deuxième étage : c’est une vieille dame adorable qui achète toujours un paquet de bonbon au supermarché pour en distribuer aux enfants, et qui passe ses journées au parc à nourrir les pigeons. Elle se lève à huit heures trente tous les matins.» Cette fois, j’interromps mon ascension quelques secondes « Les pigeons? » Je fronce les sourcils, roule les yeux vers le plafond, puis secoue la tête de gauche à droite « Clairement adorable… » J’aurais plutôt employé un terme tel complètement timbrée. Elle se détourne pour monter sans danger les derniers paliers, puis sa voix se fait à nouveau entendre alors qu’elle s’engage dans le couloir du troisième étage (je pense, je me suis un brin perdu dans les comptes entre madame Ramirez et les pigeons).  « Et j’avais pris un pavé de rumsteack.» La remarque m’arrache un sourire « Tu aurais dû essayer le canard… »

« Make yourself at home ! » Je fais un pas dans l’appartement. Mon premier constat : petit, c’est très petit. Une douce lumière ocre vient toutefois éclairer le salon, puis j’aperçois une cuisine en arrière fond. C’est…Chaleureux? Différent, très différent de la demeure des Olson, en fait c’est personnel, on n’a ni l’impression de se retrouver dans une revue, ni la frayeur de casser quelque chose en entrant dans une pièce. On dirait que quelqu’un vit ici… véritablement…« C’est pas le Ritz mais... » Je me tourne vers elle alors que la porte se referme derrière moi « j’aime bien » Révélation choc 2013. On dirait que ça lui appartient, je serais presque jaloux. Ridicule, n’est-ce pas : un miteux appartement du fin fond de Trémé en comparaison avec une imposante maison coloniale qui a traversé les siècles, agencée par les derniers et plus célèbres designers des dernières années, clairement ridicule. « Y’a pas grand monde qui est venu dans mon appartement ! » J’avise son chapeau du bout du menton « C’est le chapeau, ça les fait fuir, je te l’ai déjà souligné, tu refuses d’écouter ». Elle dépose ledit objet de malheur, s’étire, puis s’enfuit « J’ai besoin d’une douche. » « Okay ». Elle avait déjà disparu.

Alors que le bruit de l’eau qui coule m’annonce qu’elle est entrée sous la douche, je m’occupe seul de me faire faire le tour du propriétaire, de toute façon, ce n’est pas comme si je risquais de me perdre. Je pénètre dans la cuisine alors que le ciel semble désireux de déverser son lot de problèmes à l’extérieur. C’est propre, étroit, mais propre. Je laisse mes doigts glisser le long du plan de travail en revenant vers le salon. Je me permets de laisser mon regard glisser sur les quelques portraits qui ornent la pièce, certains illustrent la jeune femme en compagnie d’un jeune homme. « Mphm » Curieux, j’en examine un quelques secondes avant de le déposer à sa place. Je m’avance vers l’endroit où elle était disparue, trouve une autre porte, y passe la tête, une chambre, apparemment la sienne. J’appuis contre l’interrupteur, ne me risque pas à pénétrer dans la pièce, me contentant plutôt d’y jeter un bref coup d’œil, un imposant tableau, un espèce de babillard couvert de photos, attire mon attention dans le fond de la pièce. Je finis par rentrer, découvre de nombreuses photos d’elle et de ce type…Je fronce les sourcils, jette un coup d’œil dans les alentours : pas de trace de quelqu’un d’autre. Elle avait parlé d’un copain? Je quitte la pièce, il ne faudrait pas qu’elle me découvre en train de violer très indiscrètement sa vie privée…Je suppose qu’elle doit bien garder un fouet quelque part dans le coin.

Je me laisse choir contre le sofa du salon, étouffe un bâillement, puis appuis ma tête vers l’arrière. Je me redresse, croise les jambes, les décroise. J’ai l’impression de faire tâche dans une ambiance aussi décontractée. J’en rirais presque. Je suis arrêté dans mes pensées par l’entrée de Joy vêtue d’un t-shirt que je ne saurais probablement même pas remplir convenablement et un short dans lequel une femme de deux fois son poing irait. Le ciel est maintenant véritablement fâché. Elle le constate. «Ah merde...» Je me masse la nuque d’une main en ajoutant simplement un « ouais ». Elle se tourne vers moi « Bon... Je crois que tu vas passer la nuit ici... Enfin, c’qu’il en reste... » J’éclate de rire devant l’absurdité de la situation « C’est la première fois qu’on me le demande de cette façon-là » Je me lève, me dirige vers le portrait tantôt examiné alors qu’elle parle à nouveau « T’as faim ? » Je pointe le cadre dans sa direction tout en lui répondant « Je meurs de faim, littéralement…c’est qui? » Tout en parlant, je m’étais rapproché d’elle, lui tendant la photo. « C’est lui donc lui…Le pourquoi du comment de la Nouvelle-Orléans » J’étais toujours curieux de savoir, n’allez pas croire que j’avais lâcher prise à cause de l’échec de l’autre fois…

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyVen 16 Aoû - 15:52

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    Jeremiah aime bien interrompre les gens pendant qu’ils parlent, c’est un truc que j’ai remarqué chez lui : il ne peut pas s’empêcher de... glisser des remarques déplaisantes, de ci de là. «Cet endroit est charmant...» me fait lever les yeux au ciel (au plafond, plutôt, un vieux plafond à la peinture toute craquelée). «Je songerais à saluer les Ramirez à ma descente» m’arrache un dodelinage de tête de gauche à droite. «Les pigeons ? Clairement adorable...» Le dégoût est à peine perceptible dans sa voix. Je me contente de me retourner, sans lui accorder plus d’importance que ça (c’est comme ça que je faisais avec mon frère, ça finissait toujours par marcher d’ailleurs : il finissait par se taire, et comprendre que ça ne servait à rien, puisque ça ne me faisait rien), et lui rappelle que je n’mange pas de salade, sauf si elle accompagne un steak saignant et des pommes frites (car, oui, les steaks se mangent saignant, point.) : «Tu aurais dû essayer le canard...» Qu’est-ce que je vous disais. Ce type aime avoir le dernier mot. Et, bonne joueuse (ou peut-être tout simplement parce que je suis trop gentille), je le lui laisse : il m’a raccompagné à pied sous un ciel qui menaçait d’exploser à tout instant, ça mérite bien le dernier mot.
    J'insère la clef dans ma serrure, et ouvre la porte, appuyant mon épaule contre le panneau pour la pousser plus rapidement. J’allume la lumière à peine entrée, l’invite à faire de même (entrer, pas allumer la lumière) : je vois son regard, qui glisse sur le petit appartement, et je sens ma gorge qui s’assèche légèrement. Je me sens... obligée de dire quelque chose : ce n’est pas le Ritz, mais c’est ... «J’aime bien» ... chez moi. Je souris, doucement, et referme la porte derrière nous. Je me sens soulagée, un peu, comme si on venait de m’enlever un poids de mes épaules : pas que j’en ai grand chose à faire, hein, qu’il apprécie mon appartement ou pas, puisque c’est moi qui y vit mais... mais... je n’sais pas. Juste...mais. Un peu plus gaie, je lui avoue qu’il a de quoi se sentir honoré, puisqu’elles ne sont pas nombreuses, les personnes qui ont franchi la porte de l’appartement. «C’est le chapeau, ça les fait fuir, je te l’ai déjà souligné, tu refuses d’écouter» : une fois encore, je lève les yeux vers le plafond, avant de déposer le chapeau sur le bord du canapé, et de m’étirer, avant de disparaître sous la douche. J’en avais bien besoin. Ô, oui, j’en avais besoin.

    Mais, comme d’habitude, l’eau chaude eut tôt fait de devenir froide, me forçant à quitter l’habitacle de la petite douche tout embué, et m’envelopper dans une serviette pour m’essuyer, avant d’enfiler ce qui me servait de pyjama, aka un vieux short en coton que j’avais certainement utilisé pour les cours de sport au lycée, et un vieux t-shirt à Luke. Je sors de la salle de bain, pieds nus, une serviette à la main, occupée à m’essuyer les cheveux. Jeremiah est toujours là. La pluie aussi. «Ouais.» Je ne peux décemment pas le laisser rentrer à pied sous la pluie ! C’est un coup à choper la crève ! «C’est la première fois qu’on me le demande de cette façon-là» Je roule des yeux, m’avance vers lui, pose mes mains sur ses cuisses en me penchant en avant, et bats des cils à quelques centimètres de son visage. «Jeremiiiiah...» minaudais-je (prenant exemple sur Samantha). «Tu n’veux pas plutôt passer la nuit iciiii ?» Je souris, et me redresse, reprenant mon activité de frottage de tête. Les cheveux devant les yeux, je lui demande sans m’apercevoir qu’il s’est levé s’il a faim. «Je meurs de faim...» Sa voix est plus lointaine, et je redresse la tête, juste à temps pour le voir tendre sous mon nez un des cadres du salon, représentant une photo de Luke et moi, peu de temps avec son départ. Mon sourire se déclenche automatiquement, tandis que mes yeux s’adoucissent, couvant d’un regard plein d’amour l’image du jeune homme, penché en avant, tenant la gamine de seize ans que j’étais par les jambes, tandis que je lui étais grimpée sur le dos. Nous riions aux éclats sur cette photo, et je pouvais encore entendre le son de son rire en fermant les yeux. «...littéralement... c’est qui ?» Je tends la main, et récupère délicatement le cadre entre mes doigts, le prenant avec beaucoup d’attention, comme s’il s’était agit d’un objet particulièrement précieux (ce qu’il était, à vrai dire). «C’est lui donc lui... le pourquoi du comment de la Nouvelle-Orléans» Je laisse échapper un sourire douloureux. Je sens mon coeur qui se serre dans ma poitrine, et mon air qui se raréfie. Je déglutis, et effleure presque inconsciemment du bout des doigts la photo. «Oui...» Plus murmuré qu’autre chose.
    Je relève soudainement la tête, contourne Jeremiah d’un pas rapide, et retourne poser le cadre à sa place (sa place exacte, au millimètre près). «Il s’appelle Luke.» Je pince mes lèvres, absolument pas décidée à en parler plus longtemps. «Je vais faire à manger..» Je frotte doucement mes mains l’une contre l’autre, m’éclaircit la voix en me raclant maladroitement la gorge, et me détourne, pour pénétrer dans la petite cuisine, les yeux encore un peu brillants.

    Je fouille dans les placards, attrapant la poêle, le verre doseur, un saladier, la farine, le sucre, la levure, l’huile d’arachide... Je sors du lait, des oeufs, des myrtilles du frigo, referme la porte d’un coup de hanche (mes hanches sont très pratiques), et pose tous les ingrédients sur le petit plan de travail. Je sens le regard du jeune homme, sur ma nuque, et relève mes cheveux en chignon rapide, que je fais tenir à l’aide d’une baguette (vestige d’un repas chinois où j’avais décidé de manger avec une fourchette - je sais, honte à moi !-) en bois clair. «J’en ai pas pour longtemps...»
    Et en effet : je verse, mesure, mélange les ingrédients d’une main non pas experte, mais habituée principalement, et j’allume le feu sous la poêle, je bats les oeufs. La poêle est chaude, l’huile commence à chauffer à son tour dessus. «Je te préviens...» Je dépose une première louchée de pâte dans la poêle, et ajoute rapidement deux cuillères de myrtilles. «Je rate toujours le premier !» J’avais eu beau tout essayer, le premier était toujours, toujours, toujours brûlé.
    Je m’empare d’une assiette que je dépose à côté de la poêle, et souffle sur mon visage pour dégager les cheveux qui retombent devant mes yeux.
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyVen 23 Aoû - 13:02




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Tremé, la répartie, la guillotine, la dame aux pigeons, la discussion avec Kevin (à moins que ce ne soit Steven, Jason, ou Jacob?), pénétration par infraction dans un lieu : des premières à répétition, voilà bien ce à quoi j’ai le droit en compagnie de la blonde aux cheveux maintenant humides qui trône en plein centre du petit salon dans un pyjama (apparemment) bien trop grand. Je la dévisage un moment en souriant : c’était bien la première fois qu’on me proposait de rester de cette façon-là si vous voyez ce que je veux dire (si vous ne le voyez pas, j’vous conseille American Pie à l’occasion de votre prochaine soirée ciné). Elle se rapproche, prend appuis contre mes jambes, minaude « Jeremiiiiah... » Je ris, voilà qui est beaucoup moins déstabilisant. « Tu n’veux pas plutôt passer la nuit iciiii ? » Elle soupire, se redresse, je souris à nouveau « C’était beaucoup mieux… » Avec un peu de pratique, elle arriverait à la cheville de Jones.

Je me retrouve à nouveau devant le cadre protégeant la photo, celui-là même qui avait attiré mon attention un peu plus tôt alors qu’elle était sous la douche. Je le prends, sans gêne, le regarde encore une fois, avant de rejoindre la Cowgirl sans chapeau. Je suis surpris, pris au dépourvu, littéralement. Son visage se métamorphose, ses prunelles brillent soudainement davantage alors qu’elle semble momentanément en transe. Si un jour je m’étais risqué à me  demander ce à quoi devrait ressembler un vrai amour, c’est ce soir que j’aurais ma véritableréponse (mais je ne me suis jamais risqué à pareille futilité). Ça me prend de court. Je baisse les yeux sur la photo maintenant dérobée, observe cet individu qui parait si cher à cette jeune femme. La raison de sa venue. « Oui... » La confirmation de mes doutes vient presque timidement comparée à ce que son corps venait de m’apprendre peut-être malgré elle. Je fronce les sourcils, son regard venait de se voiler. Elle passe les doigts contre la photo, puis CLASH. La normalité revient, le temps reprend son cours normal, son regard croise le mien, elle pivote, me dépasse, repose la photo où je l’avais pris. « Il s’appelle Luke. » Je la suis du regard alors qu’elle m’apprend le nom de la cause (apparente) de sa venue à la Nouvelle-Orléans. Curieux, d’une façon totalement indiscrète et probablement malsaine également, des milliers de questions me passent par l’esprit, mais elle les évite soigneusement d’un geste et de quelques paroles en changeant le cap de la conversation. « Je vais faire à manger.. » C’est à mon tour de soupirer, déçu d’être arrivé si prêt du but pour finalement me retrouver à nouveau à la case départ, cette Williams de l’Oklahoma m’avait-elle donné autant de difficultés à l’époque des vacances (où était-ce déjà…Minesota…Maryland…Texas…). Je jette un dernier coup d’œil au portrait avant de lui emboîter le pas. Une fois dans la pièce adjacente, je jette un coup d’œil à la fenêtre où tambourine la pluie dans un tic-tac continue et presque rassurant. Je pose mes mains contre le plan de travail, arque un sourcil en direction de la blonde qui s’affaire à aligner les vivres devant elle « Il se trouve où en ce moment, Luke? » Honnêtement, je m'attends à le voir débarquer ici à tout instant. Je ne saurais exactement trouver la source de mon envie de savoir, mais lâcher prise sur le pourquoi du comment de la jeune cowgirl me semble impossible. Je sais pourtant que mes questions l’agacent sincèrement (ça ne m’a jamais arrêté dans mes desseins). « J’en ai pas pour longtemps... » Je me tire un siège, m’y installe, croise les bras contre mon torse en suivant des yeux le derrière de sa tête (c’est la vue qu’elle m’offre). « J’ai tout mon temps » Dame nature en avait décidé ainsi.

Œufs, farines, myrtilles défilent sous mes yeux et je l’observe s’affairer presque impressionné…Elle sait tout faire? Cocktails, cuisine, équitation : une femme pleine de surprises.

Je scrute un peu nerveusement l’huile qui commence à pétiller dans la poêle contre le rond, absorbé dans un silence agréable lorsque la voix de la jeune femme m’extrait de ma rêverie éveillée. « Je te préviens... » Han quoi, j’arque un sourcil, me redresse, me secoue un peu, puis plonge mon regard dans le sien. « Je rate toujours le premier ! » L’avertissement tombe et m’arrache un éclat de rire franc « Parfait,, donc, je te le laisserai » Honorable Jeremiah. « Ou bien…. » Je me lève alors qu’elle semble balancer son Chi et son Cha afin de réaliser le plus grand exploit du siècle…Je la dévisage un moment, me mord l’intérieur de la joue, amusé, tandis que sa frange retombe à nouveau devant ses yeux. Je la pousse d’un très léger coup d’épaule, lui dérobe ses ustensiles « C’est une honte de rater le premier lorsqu’on meurt un peu partout dans ce monde à cause de la famine han » En fait, j’en ai un peu rien à faire de la famine dans le monde, mais il y a toujours moyen de ne pas rater le premier, suffit d’être rapide. Je m’empare de la louche, l’enfonce dans le bol à mélange, le fait couler dans la pôle bien chaude.

Une deux trois quatre cinq six…Sept…Huit….quinze…trente…quarante…secondes…Je m’empare de la poêle et UP me la joue cuisiner apprentie dans l’idée de la faire tourner de l’autre côté (sans la brûler)…Slam. Échec. La crêpe, du moins ce qui était une crêpe quelques secondes auparavant devient l’ami du carrelage à nos pieds. « Oups »…Oups…Je souris tel un gosse qui viendrait d’être pris en flagrant délit dans la jarre à biscuit et dépose la poêle contre le rond avant de me pencher avant de me saisir du pancake aplati et à moitié cuit. «…Il n’est pas brûlé… » Je fronce les sourcils en le tenant à la hauteur de mes yeux bien que ce soit un peu chaud « Ça doit bien se manger quand même. »

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyLun 26 Aoû - 23:27

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    «C’était beaucoup mieux...» Je souris. J’ai besoin de prendre une douche, j’me sens sale. J’avais du mal à imaginer que des filles comme Samantha pouvaient faire ça à longueur de journée. Des soirée. ‘fin, vous avez compris ce que je veux dire ! (si vous n’avez pas compris, je vous conseille également American Pie, c’est mieux que les cours d’éducation sexuelle, si vous voulez mon avis)
    Et puis, l’ambiance bonne enfant/bizarre/sympa (rayez la mention inutile/les mentions inutiles) se transforma, du tout au tout : comme si ce n’était déjà pas assez étrange que j’invite Jeremiah à rester chez moi, non, maintenant, les choses venaient de passer au niveau supérieur dans le monde de l’absurde. A croire que les choses passaient leur temps à empirer. Un peu comme lorsque votre maison est prise dans une inondation...Et qu’ensuite, elle prend feu. Vous vous disiez que rien de pire ou de plus étrange ne pourrait arriver et... ça arrive. Et je reste là, à fixer le visage souriant de Luke sur le morceau de papier, protégé derrière le cadre de verre. Murmurer un «oui» timide. A bout de souffle. Se reprendre, secouer la tête : il ne faut pas laisser les souvenirs triste vous envahir, sinon, vous sombrez dedans, et on ne peut plus vous en sortir. J’essaie de limiter la casse, la plupart du temps, et je m’en sors généralement très bien. Je m’occupe les mains et l’esprit, pour ne pas rester seule avec mes souvenirs, et seule avec mes pensées. Je souris à Jeremiah, reprenant le dessus : j’vais aller faire à manger. Peut importe s’il soupire, si ça ne lui convient pas comme réponse (j’ai bien compris ce qu’il voulait, je n’suis pas stupide). «Il se trouve où en ce moment, Luke ?» Je ne réponds pas. Je pince légèrement les lèvres, et sort la poêle, en faisant peut-être un peu plus de bruit que nécessaire. J’en ai pas pour longtemps. «J’ai tout mon temps» Grand bien lui fasse.
    Il y a quelque chose que Jeremiah ne comprend pas. La notion de vie privée. De secrets. Le fait de ne pas vouloir parler de tout à tout le monde (surtout à tout le monde) : le fait d’avoir ses secrets, ses blessures, et de ne pas vouloir en parler au premier mec mignon qui passe votre porte. Lui offrir l’hospitalité, ça ne veut pas dire lui offrir un accès libre à mes secrets : c’est ma porte que je lui ouvre, pas ma boîte de Pandore. Ce n’est pas parce que je n’veux pas le renvoyer chez lui sous la pluie torrentielle que je vais m’asseoir à ses côtés, et lui raconter ma vie. Il serait bien qu’il se mette ça dans le crâne. Même à Anaëlle, même à Shea, même à Nikkie, je n’ai rien dit, jamais vraiment, du moins. Elles savent, bien sûr, des trucs, mais pas tout. Personne ne sait tout. Il n’y a jamais eu que Luke qui savait tout, et c’est peut être ça, la vraie définition de l’amitié. C’est trouver une personne à qui on n’a pas besoin de dire pour qu’il sache.

    Et tandis que je philosophais mentalement sur la vie (façon de parler), l’huile dans la poêle se mettait à faire des bulles. L’heure de vérité avais sonné. Le premier serait raté, la sentence venait de tomber. «Parfait, donc, je te le laisserai» Je lève les yeux au ciel : quel homme courageux que voilà ! «Ou bien...» Son épaule heurte la mienne, et il me pousse sur le côté (gageons qu’il n’a pas digéré mon coup de hanche de l’autre côté du bar, et le fait que mon cocktail avait meilleur goût que le sien -mais je suis certaine qu’il a bien d’autres talents, va, qu’il se console, les miens sont assez limités quand on y réfléchit bien-). Je fronce les sourcils, croise les bras sous ma poitrine, l’observe faire. «C’est une honte de rater le premier lorsqu’on meurt un peu partout dans ce monde à cause de la famine han» Mes joues se colorent doucement de rouge, et je pique du nez, marmonnant dans ma barbe que c’est pas parce que je le rate que personne ne le mange (après tout, un pancake brûlé reste un pancake).
    Mais, je vous l’ai dit : je l’observe faire, en silence (c’est que la cuisine, ça demande beaucoup de concentration), verser dans la poêle une louche de pâte (et les myrtilles ? il oublie les myrtilles !), et attendre, attendre. J’attends avec lui. Up. Splash. Je baisse les yeux, et regarde le pancake pâlot, qui git sur le carrelage. Je grimace. Même moi, quand je les rate, ils sont mieux réussis ! «Oups ... Il n’est pas brûlé.... Ça doit bien se manger quand même.» Je repousse doucement sa main, et retire la poêle doucement d’entre ses doigts. «Je te laisse cet honneur. Le sirop d’érable est dans le placard.» Je désigne ledit placard d’un coup de menton, et reprend les commandes : je me positionne face à la gazinière, pose la poêle au dessus du feu, et plonge la louche dans le saladier, avant de faire tomber une pluie de myrtilles fraiches sur la pâte qui n’a pas encore eu le temps d’épaissir dans la poêle chaude. Bah voilà. Comme d’habitude, la première est loupée, sauf que cette fois, c’est la faute de Jeremiah. «Et on est partis !» Un vrai festin que le repas qui nous attend, si m’sieurs dames !

    «C’est juste TROP BON !» Je venais d’étaler une énorme couche de beurre sur mon pancake, et m’étais laissée tomber comme une masse dans le canapé, ramenant mes genoux contre ma poitrine, afin de pouvoir poser mon assiette en équilibre dessus. Je piquais dans la crêpe épaisse avec ma fourchette, et mordis dedans à pleine dent (certains me qualifieraient de sauvage, et je n’pourrais pas leur donner tout à fait tort). Je laisse échapper un gémissement de plaisir (certains appelleront l’[i]inner pornstar[/]), et laisse aller ma tête en arrière, l’assiette tanguant dangereusement sur mes genoux. Je sens le canapé qui s’enfonce doucement à mes côtés, et tourne la tête, lançant un sourire resplendissant à Jeremiah. «Pas vrai ?» : il n’a pas vraiment droit à l’erreur là (je rappelle qu’il pleut toujours, et que je suis chez moi, et que j’ai un fouet et un lasso dans la chambre d’à côté).
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Jeremiah D. Olson
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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptyJeu 29 Aoû - 0:17




Jeremiah & Joy
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Malheureusement pour ma curiosité insatiable, peut-être un brin malsaine également, la conversation au sujet du Luke Mystère du cliché est déviée, en fait simplement arrêtée. Je la scrute un moment, me questionnant très sérieusement sur ce qu’elle peut bien avoir à cacher, car forcément, pour être à ce point vague et méfiante au sujet de sa personne, elle doit bien cacher quelque chose...Mon regard et mon attention se perdent un moment sur son profil alors que je tâche de trouver un indice afin de m'éclairer. Sa méfiance m'échappe littéralement (quoique...ce n'est pas comme si j'attirais habituellement les confidences) Pourtant…Sa dite méfiance devrait être reléguée au second plan :  il est plutôt impossible que les Williams aient davantage de squelettes dans leurs placards que les Olson...Impossible. L’image de mon père s’impose à mon intellect avec un peu trop de force, puis voilà que sans que je ne puisse intervenir notre dernier échange me revient en mémoire, ma mâchoire se serre un peu malgré elle (et malgré moi) alors que les paroles prononcées par le grand blond me frappent à nouveau :   Et peux-tu me dire à quoi te sers ta fameuse licence dans le sable d'une carrière ?! Il est temps de grandir un peu Jeremiah, le jeu est terminé.  Le jeu.  C’était une carrière, ma carrière. Je secoue la tête, laissant l’ombre terrible de mon paternel s'en retourner à sa place dans un recoin de Fontainbleau, puis me reporte sur la jeune femme devant moi (dans son pyjama excentrique). Je n’obtiens donc aucune information supplémentaire sur l’exact pourquoi de sa venue à la Nouvelle-Orléans. Je soupire légèrement, un brin agacé par mes très vaines tentatives. Les choses ont une seule façon de fonctionner, la mienne, lorsque ce n’est pas le cas, je suis énervé.

Une fois dans la cuisine mes tentatives tombent ainsi à plat, je suis contraint de me rabattre sur le sujet de conversation de l’heure : les pancakes aux myrtilles (et non pas Miley Cirys aux VMA). Nous n’allons pas en rater un, non, un Olson ne rate jamais quoi que ce soit (sauf la paternité). Je l’évince, me mets à la tâche derrière le four.

En fait, l’humiliation devient probante alors que l’apparent pancake (plutôt extraterrestre) se retrouve à plat contre le carrelage relativement propre du la cuisine. La jeune femme me regarde, je souris : c’est voulu en fait, c’est pour tester sa patience…Je m’empare de la crêpe, l’agite mollement devant mon propre visage : ça doit bien être comestible après tout. Elle me dérobe la poêle (c’est peut-être plus sage ainsi) «Je te laisse cet honneur. Le sirop d’érable est dans le placard.» Je roule la pâte plus ou moins cuite (et vierge de myrtilles) et mords dedans tout en me dirigeant vers ledit placard. Je déniche la bouteille de sirop, en laisse tomber sur la partie restante de ma collation particulière, puis fourre le tout entre mes lèvres. « Ché chmanchable » traduction : c’est mangeable. En fait, ça roule dans ma bouche et je crois bien sentir la texture d'un cheveux...Je mastique longtemps avant de déposer  la bouteille de sirop d’érable contre le plan de travail, puis avale difficilement tout en tentant d’apercevoir la technique de la blonde. «Et on est partis !».

«C’est juste TROP BON !» la bouche pleine, je me contente d’hocher la tête de haut en bas concentré à ajouter un peu de beurre dans mon assiette. Dans un tiroir, je déniche des ustensiles  (après quatre tentatives désespérée dans les tiroirs précédents).  Je pénètre finalement dans le salon sur les talons de la jeune femme qui venait de prendre place avec aise et dextérité sur son canapé. Je l’observe faire, pencher sa tête vers l’arrière, fermer les yeux sous l’effluve de bonheur et ricane en trempant le bout de mon index dans la marre de sirop dans mon assiette. Je lèche mon doigts tout en arquant un sourcil devant le manège de la cowgirl : elle agissait avec plus d’enthousiasme que certaines femmes lors de l’orgasme. J’en viens à me demander très momentanément (pardon) ce à quoi elle ressemble lors de…Bref. Je m’assois, doucement, à ses côtés,  le coussin s’enfonce sous mon poids et je tourne la tête juste à temps pour croiser son regard presque pétillant.  «Pas vrai ?» Je souris en laissant échapper un éclat de rire. « Tu es particulière Joy Williams de l’Oklahoma, j’espère qu’on te l’a déjà dit » Mon sourire perdure un moment à la commissure de mes lèvres alors que je dépose l’assiette contre mes deux cuisses. Je m’affaire ensuite à couper (un peu d’étiquette je vous prie) les pancakes. Je pique ma fourchette dans la pâte, applique un peu de beurre du bout de mon couteau, trempe dans le sirop, et mène le tout à ma bouche. Je clos un brin, moi aussi, je dois l’avouer, les paupières avant de mâcher tout en douceur pour finalement avaler tandis que le goût des myrtilles se répand dans ma bouche. « Bien meilleur que mon pancake…heum…extraterrestre » J'hausse les épaules un peu dramatiquement avant d'ajouter  « J'ai d'autres talents...ma mère m'a toujours dit que j'étais exceptionnel »

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MessageSujet: Re: Joy & Jeremiah + Tremé Joy & Jeremiah + Tremé EmptySam 31 Aoû - 22:12

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    «Ché chmanchable» Je hoche la tête (oui, j’ai pris «bouche pleine» en seconde langue au lycée), bien heureuse pour lui, bien que doutant sérieusement du goût que ça doit avoir (à mon avis, plutôt dégueulasse) : mais après tout, s’il tient à risquer l’intoxication alimentaire, c’est son soucis, et puis je suis certaine que Samantha se fera un vrai plaisir de jouer au docteur avec lui (elle achèterait sans doute même la tenue d’infirmière qui va avec), et tout le monde sait ô combien elle peut se montrer convaincante. Et puis, s’il trouve ça mangeable, qu’il attende de goûter à mes pancakes, les vrais, pas la demi crêpe écrasée et à moitié cuite qu’il vient de s’enfourner dans la bouche, et là, je n’aurais plus à lui demander de rester, il ne voudra plus repartir. Je sais, c’est plutôt sexiste de dire qu’une femme peut retenir un homme grâce à sa cuisine mais... avouons le... les hommes sont vraiment aussi faciles à avoir que ça (krkrkr). Sur ce... Un pancake de retourné. Doré, juste ce qu’il faut : vous voyez, c’est pas si difficile que ça, finalement : suffit juste d’être un minimum douée (mais il est vrai que quand on a un cuisinier à domicile, pas besoin de toucher aux fourneaux).

    Je le laisse fouiller dans les tiroirs (ce n’est pas comme s’il risquait d’y découvrir quelque chose de compromettant) tout en savourant mes pancakes sur lesquels j’ai étalé une épaisse couche de beurre (je sais, sacrilège, so what), mordant dedans sauvagement, laissant le goût des myrtilles envahir ma bouche, se mélangeant à la perfection au goût du pancake, le tout adouci par le beurre, la nourriture des dieux. Si je ne devais plus manger qu’une chose sur terre, ce serait du beurre. Du beurre sur des pancakes. Je pourrais me nourrir exclusivement de ça, sans le moindre regret, jusqu’à la fin de mes jours. «Tu es particulière Joy Williams de l’Oklahoma» Je laisse échapper un petit sourire : et encore, il ne lit pas dans mes pensées. «J’espère qu’on te l’a déjà dit» Je hausse les épaules, petit sourire moqueur, ou bien amusé, aux lèvres. «C’est pas généralement l’adjectif qu’on emploie, mais j’apprécie.» J’aime bien, l’idée d’être particulière. C’est... différent. C’est plus... moi. Même si au fond, je n’suis qu’une cowgirl comme une autre, une fille de l’Oklahoma, une fille comme il en existe des centaines et des centaines sur notre terre sauvage.
    Ce n’est pas mon nom qu’on lit en page six du journal, par exemple, plutôt celui du jeune homme actuellement occupé à découper un de ses pancakes, avant de le mettre dans sa bouche de façon... très distinguée. J’me sens légèrement sauvage, à côté de lui, et je me demande l’espace d’une seconde si je ne devrais pas plutôt l’imiter, et manger convenablement... et puis l’appel du pancake se fait plus fort, et je reprend ma fourchette, pancake toujours planté dedans, mordant d’un grand coup de dent dans la pâte dorée : on repassera pour la classe et l’élégance. «Bien meilleur que mon pancake..heum...extraterrestre» Je me contente de l’observer longuement, attendant qu’il en dise plus : c’est que ce n’est pas un compliment, ça : ce n’était pas bien difficile de faire «bien mieux» qu’un pancake pas cuit, même un chimpanzé aurait pu faire mieux... Mais de toute façon, lorsque j’y réfléchis... je n’pense pas avoir jamais entendu un compliment sortir de la bouche du jeune homme : c’est sûrement pas le style de la maison, que voulez-vous, certaines personnes sont ainsi, incapables de reconnaître que certains peuvent être plus talentueux qu’eux dans certains domaines. Ou bien, ils l’admettent à demi-mot, rapidement, pour sauver la face. Ce qui, au fond, revient au même. «J’ai d’autres talents... ma mère m’a toujours dit que j’étais exceptionnel Je laisse échapper un petit rire, après avoir avalé ma bouchée, et hoche la tête. «J’n’en doute pas.» Et ça surprend souvent les gens, lorsqu’ils s’en rendent compte, mais c’est dit sans ironie, sans double sens : non, ça ne m’étonne pas que Jeremiah ait d’autres talents, après tout, nous avons tous des talents. «Tu es bon cavalier, déjà !» Enfin... quand il n’oublie pas de brosser son cheval, et de s’en occuper après un entraînement. «J’ai peur en revanche de ne plus avoir de talents cachés... J’vais devenir inintéressante, maintenant, à tes yeux !» Il sait déjà que je suis imbattable au billard, que je fais des pancakes du feu de dieu, et que je sais faire des cocktails : il m’a déjà vu monter à cheval, il m’a déjà entendu chanter... Et voilà. Il a même failli me voir sur scène avec une guitare, ou un yukulélé, selon mon envie de chanson lorsque j’serais montée devant la foule du Blue Note : et là... on a fait le tour. «Peut-être que comme ça, tu me laisseras enfin tranquille...» ajoutais-je, moqueuse. C’est qu’il était vrai qu’il pouvait commencer à donner l’impression qu’il me suivait partout, et ce n’était pas vraiment rassurant, si vous voulez mon avis.

    Vlam, boum, badaboum, Tchac, Grrrrrrrr... Bon, c’était supposé être le bruit du tonnerre, peut-être qu’en mélangeant le tout, ça donnerait quelque chose d’approchant... Donc, tonnerre. Je redressais la tête, tendant l’oreille, comme un cheval aux aguets, le dos bien droit. Un éclair vif de lumière éclaira la rue, et je comptais mentalement les secondes, avant le deuxième coup de tonnerre. «J’adore l’orage.» Je n’savais pas d’où ça sortait (ou plutôt pourquoi ça sortait), mais c’était juste... sorti. «Une fois, j’me suis retrouvée dehors, dans les champs, en plein orage, sur le dos d’Oscar : c’était... génial.» Je m’assis en tailleur, et posais mon assiette entre mes jambes. «Mais j’l’ai déjà dit, ça, je crois.» A table, au restaurant, non ? «J’radote.» A mon âge, c’n’était pas bon signe. Mais je radotais souvent, quand ça touchait à Oscar, ou à Luke (les rares fois où je l’évoquais, ou plutôt auprès des rares personnes avec qui je l’évoquais). Il ne faut pas m’en vouloir, c’était juste mes souvenirs les plus heureux.
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