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préserve les joies de l'enfance - joy

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R. Blue-Ann Warren
R. Blue-Ann Warren
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MessageSujet: préserve les joies de l'enfance - joy préserve les joies de l'enfance - joy EmptyLun 12 Aoû - 22:21

Spoiler:
 

J’ai retrouvé le bout de papier au fond de la poche d’un short délavé avant de le jeter ( le short ) dans les tréfonds de la machine à laver. La couleur jaunâtre du post-it m’a interpellé et, lentement, je l’ai déroulé pour laisser apparaître quelques mots griffonnés à la va-vite. J’en ai souris avant de me demander si ce n’était pas l’adresse d’un des clients de la boutique de l’Oncle Caleb – je n’arrive toujours pas à me dire que, d’ici peu de temps, ça allait certainement devenir ma boutique. Coup de stress. D’un geste précipité, j’ai fermé le hublot de la machine avant de lancer aléatoirement un programme – je ne suis pas faite pour m’occuper de moi-même et les tâches ménagères ont tôt fait de me taper sur les nerfs. Intriguée, je ne quitte pas des yeux le bout de papier, me dis que je devrais jeter un coup d’œil sur le net. Après tout, google est mon ami ; googlemap encore plus. J’attrape l’ordinateur portable qui traîne sur la table-basse ( qui sert aussi de table à manger ), manque de le lâcher à terre avant de le coincer sur mes genoux. Mâchouillant un chewing-gum tutti frutti – si immature aurait tendance à lâcher Jayden entre deux rires gras – je pianote sur le clavier. PLOC. Une bulle résonne dans l’appartement mais le son est rapidement étouffé par celui des basses. Ca ou le paradoxe raenien : je préfère claquer de l’argent dans quelques vinyles et musiques que dans un loyer. Quoique, après tout, la musique : ce n’est qu’un investissement ponctuel – bien que les basses m’ont ruiné. Alors que le loyer, ça a plutôt tendance à mettre à zéro les chiffres du compte en banque sans pour autant apporter un confort supplémentaire. Mon appartement minable me convient parfaitement ; j’ai même pu cohabiter avec quelques insectes plaisant. Son autre avantage : un réveil matin gratuit, apporté par les cris étranglés d’un pigeon au-delà de la fenêtre. PLOC. Le chewing-gum éclate une autre fois, attrapant quelques mèches au passage. Je peste un instant, gratte la substance fruitée avant de m’attacher les cheveux et de me dire que je verrai ça plus tard. Plus tard. Triste habitude que de reporter toujours les choses – l’étendoir le témoigne, présentant les vêtements de la précédente machine.

Six heures de l’après-midi. Un cappuccino. Trois dollars dépensé sous l’œil agacé du bartendar qui a tenté ( insisté surtout ) de me servir un French75 : la spécialité de la boutique, sa spécialité. Manque de pot pour lui, je n’ai aucune envie de dépenser dix dollars dans un cocktail – aussi famous soit-il. Pire même, je ne bois pas d’alcool. Pas toute seule. Pas maintenant. Le pied droit en appui sur le tabouret voisin, je suis le rythme du groupe de l’instant. Je crois c’est ce que j’aime de la Nouvelle-Orléans : cette culture musicale qui attend à chaque coin de la rue, que vous soyez plus jazzy ou groovy. Mon voisin me jette un regard tout aussi agacé que celui du serveur ; il faut dire que son siège bouge sous mon action. Mais l’ensemble bouge, l’ensemble tournoie – je ne vois pas en quoi une si légère pulsation le met mal à l’aise. Tant qu’il ne me dit rien, je ne relève pas, n’arrête pas. Je jette un coup d’œil rapide aux décorations du plafond, affiche un large sourire surmonté d’une moustache de lait. Je n’ai pas l’air dans mon élément – vraiment pas – mais c’est décidé : j’aime bien cet endroit. Tant de souvenirs remontent à ma surface, tant d’histoires partagées avec Jayden. Et avec les autres aussi, ceux avec qui j’avais partagé l’école, petite. Je me vois au parc du coin, à ricaner avec les autres gamins, une craie à la main pour dessiner à même le sol une marelle. Je me vois, encore, à courir derrière un camarade avant de l’attraper par le col et de lui lâcher, entre deux rires, que c’était son tour. Je me vois, toujours, rappeler les règles de la corde à sauter car aucun n’avait les mêmes règles. Ce carrousel me ramène en enfance, me plonge dans des souvenirs que je pensais oubliés.

Derrière moi – autour de moi, disons – j’entends une voix couvrant les notes du pianiste. Une voix féminine, remettant à leur place quelques garnements. Du genre : ceux qui se pensent bien malins, confiants en groupe. Mais tellement cons pris séparément, démontrant avec une exactitude absolue la théorie des crétins mononeuronaux, affichant une belle incapacité à se débrouiller seuls. Et lourds, tellement lourds avec des blagues n’allant pas plus loin que celles des carambars. Je tente de deviner le visage de la demoiselle parmi la foule mais le manège continue à tourner. Regard rapide vers le serveur qui m’indique qu’il reste deux minutes en tapotant le cadre en verre de sa montre. Mais je n’ai pas deux minutes. En une gorgée, j’avale ce qui reste de cappuccino – attention, bottoms up ! – avant de sortir du carrousel. J’en tangue, un court instant. Ca ou le résultat d’une action physique, de moment cinétique ou d’une connerie de ce genre. Je me rattrape sur la chaise d’un inconnu, laisse échapper un léger rictus entre mes lèvres. Le type arque un sourcil, me dévisage avant d’en rire à son tour. Et c’est un : Pas capable de tenir l’alcool … désespéré qui sort de sa bouche. J’hausse les épaules, qu’il pense donc ce qu’il veut. La fille à ses côtés s’offusque, affiche une bouche en forme de cœur. A peu de choses près, j’aurai pu éclater de rire en voyant le tableau. Mais je tiens à revenir ici. Je salue le couple d’un signe de tête, me redresse avant de leur avouer : Le rodéo, ce n’est pas ma tasse de thé. Par contre, vous … Sous-entendus à con ; on sait tous ce que fait un couple le soir, à la nuit tombée. Enfin, je suppose… Du doigt, je leur indique la fille au chapeau à quelques pas de là avant d’ajouter un ton au-dessus. Et elle, aussi … Lentement, mes épaules se mettent à bouger sous l’influence du rire. A se demander, sérieusement, si le serveur n’a pas versé quelques gouttes d’alcool dans le mélange cafféiné.
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MessageSujet: Re: préserve les joies de l'enfance - joy préserve les joies de l'enfance - joy EmptyVen 16 Aoû - 18:51

    Préserve les joies de l’enfance
    JOY & BLUE-ANN

    .ReedNight

    «Pas à l’aise» était encore trop loin de la réalité. Je me sentais...comme un poisson hors de l’eau. Plongé dans une flaque de magma. Comme un livre entre les mains d’un kikoulol (du genre à prendre une photo #instabook #nofilter #book #yolo #smart). Comme... comme une cowgirl au milieu de New York (quoiqu’il y a bien le célèbre cowboy en slip qui chante sur Times Square, donc l’exemple ne marche pas : si, si, allez googler Naked Cowboy -et non, si vous vous posiez la question, ce n’est pas en cherchant des «naked cowboys» que je l’ai découvert en premier lieu...-). Enfin, vous l’aurez compris : je n’étais pas faite pour entrer dans cet endroit. Et je ne savais toujours pas pourquoi Samantha m’y avait traîné. A peine les portes passées, les regards s’étaient (comme d’habitude, mais en pire) portés sur mon chapeau, et je m’étais sentie étrangement mal à l’aise (ce qui était plutôt rare, habituellement, je laissais les regards couler sans leur accorder d’importance, puisque visiblement, à la Nouvelle Orléans, personne n’avait vu de cowgirl depuis Hannah Montana). J’avais glissé les mains dans les poches arrière de mon short (sans doute suis-je encore en train de me répéter, mais il va vite devenir inutile de préciser que les trois quart de mes shorts sont en fait des jeans que j’avais fini par découper, un jour de folie où il faisait trop chaud, bien trop chaud pour avoir les cuisses enfermées par du tissu), et j’avais pris une courte inspiration, supposée me donner du courage, ou un truc comme ça. Je traverse la foule, sur les talons de Samantha, jusqu’au carrousel (attraction principale de l’endroit) : la jeune femme (à la couleur blonde aussi fausse que les seins de Pamela Anderson -vous avez vu comment je commence à acquérir les expressions de la ville après six mois passés ici ?-) pousse des clients, joue des coudes, donne des coups de sac à main surtout (Gucci dans les côtes, il paraît que c’est une arme fatale), et finit par poser la main sur l’épaule d’une fille, assise sur un siège, qui venait de reposer son verre après en avoir bu la moitié. «Fini ? Super ! A nous.» Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous voici assises sur les sièges. Le barman se dirige vers nous aussitôt sec, et Samantha semble fondre à vu d’oeil face à son sourire. «Mademoiselle Jones...» «Miguel....» Je les observe durant quelques secondes, échange de papillonnages de cils. «Joy ?» Quoi, puisque nous en étions à nous présenter...
    Victoire pour moi, cependant, ça fait rire le dénommé Miguel, qui dépose devant nous deux cocktails, sans même que nous ayons le temps de jeter un coup d’oeil à ce qu’ils proposent (ou que j’ai décidé c’que j’avais envie de boire, surtout). Aisé de deviner que Samantha est une habituée, aisée de deviner pourquoi c’est une habituée. Je laisse échapper un sourire presque malgré moi, et plonge le nez dans mon French75, puisque c’est ainsi que ça se nomme.

    Malgré toute sa bonne volonté, Samantha finit par être obligée de laisser sa place... Et le fait de mauvaise grâce, très mauvaise grâce. Pas devant Miguel, bien entendu (c’est presque effrayant de voir à quel point elle peut maintenir son sourire niais -est-ce que je ressemble à ça quand je pense à Maximilien ?-), mais elle passe ses nerfs de manière plutôt... vive, sur une pauvre serveuse qui passe près d’elle au moment où elle descendait du carrousel, l’accusant d’avoir manqué de la faire tomber, et d’aller lui «pourrir la vie» («plus encore qu’elle ne l’est déjà») pour ça. Je baisse les yeux, me dissimule derrière mon chapeau, les joues rouges d’embarras. Je murmure un Sorry à la serveuse en poussant Samantha doucement vers l’avant. «Respire... Reeeespire.» Elle sourit, rit (ou plutôt glousse comme une dinde, puisque c’est ainsi qu’elle rit -désolée, je l’aime bien, mais c’est totalement vrai-), et je lui souris en retour : bien, elle est redevenue normale (bien que je commence sincèrement à penser que son pétage de câble contre la serveuse EST son état normal... assez similaire à celui de Jeremiah... l’habitude de traiter les autres êtres humains comme... des esclaves ne méritant ni attention, ni politesse, ni rien).
    Je pousse doucement la jeune femme en avant. «...rodéo, ce n’est pas ma tasse de t...» Je tends l’oreille, en entendant ce mot familier (quoi ? vous n’allez pas me dire que vous ne l’avez jamais fait !) «Et elle, aussi...» Un gloussement de dine, similaire à celui de Samantha (aurait-elle une jumelle cachée ?) résonne dans mon dos, et je tourne la tête, histoire de jeter un coup d’oeil rapide : tout ça pour trouver, quelques mètres plus loin, une face de bubble-gum hilare, regardant droit dans ma direction : je savais que le chapeau faisait son effet, mais je n’avais encore jamais expérimenté l’hilarité. «Jolie couleur Barbie.» On ne dit pas de mal du rodéo. Le rodéo, c’est pour les grandes personnes. Pas pour les bubble-gum.
    Samantha glousse (c’est que ça devient une habitude), et répète Barbie, deux fois, tandis que je la pousse vers l’avant : a croire qu’elle est bourrée : je me demande bien ce que Miguel a bien pu glisser dans son cocktail. «Non mais elle a les cheveux rooooooses mais genre rose !» Je hoche la tête. Je sais. J’ai vu. J’ai remarqué. «Fais que j’ailles faire pipi.» Je grimace alors qu’elle m’échappe des mains, et s’engouffre dans l’une des deux ouvertures (je ne mettrais pas ma main à couper qu’elle est entrée dans les toilettes de filles... oh beurk !), et me retrouve seule, près d’une plante verte, à tenir la chandelle. ... Qu’est-ce qu’ils ont tous, les gens, quand ils entrent dans ce carrousel ? Est-ce que c’est un remake de Percy Jackson et des fleurs de lotus, mais version LSD ?
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